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Budget 2027 : le Haut Conseil de la famille s’oppose au gel des aides et au recentrage de l’allocation de rentrée

Le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) a rendu public le 19 octobre 2026 son analyse des mesures familiales des budgets 2027. Le texte, adopté le 13 octobre par son Conseil de la famille, ne ménage pas le gouvernement : il reconnaît quelques avancées, mais s’oppose franchement au gel des aides et au recentrage de l’allocation de rentrée scolaire. Pour les parents, c’est une bonne grille de lecture de ce qui pourrait changer sur leur budget dès 2027.

Ce qu’est cette note et pourquoi elle compte #

Le HCFEA est une instance consultative placée auprès du Premier ministre. Il réunit des représentants des familles, des partenaires sociaux, des administrations et des experts. Ses avis ne bloquent aucune loi, mais ils pèsent dans les débats parlementaires, d’autant que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et le projet de loi de finances (PLF) sont en pleine discussion.

La note d’analyse publiée par le HCFEA se limite volontairement aux mesures sur lesquelles le Conseil a déjà travaillé. Son constat général tient en une phrase : il regrette que les mesures proposées conduisent à réduire les dépenses directement orientées vers les familles, alors que beaucoup de leurs besoins ne sont pas couverts.

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Les deux points jugés positifs #

Les minima sociaux échappent au gel

Le RSA, l’allocation aux adultes handicapés ou encore l’allocation de solidarité aux personnes âgées seront revalorisés selon l’inflation passée au 1er avril 2027. Le Conseil approuve : pour les familles les plus pauvres qui perçoivent ces aides, c’est le pouvoir d’achat qui est préservé.

La branche famille garde ses recettes

L’an dernier, le budget de la Sécurité sociale avait privé la branche famille de 1,6 milliard d’euros de recettes. Cette fois, les ressources sont maintenues. Le Conseil reste toutefois sur ses gardes : les projections annexées au PLFSS prévoient de réaffecter, à partir de 2028, une part de CSG de la branche famille vers l’assurance maladie. Selon ses estimations, la perte serait de l’ordre d’un milliard d’euros par an.

Ce qui inquiète : le gel des aides au quotidien #

Le PLFSS ne gèle pas officiellement les prestations familiales, mais son annexe annonce leur « maintien à leur niveau de 2026 », pour une économie attendue de 0,5 milliard d’euros. Concrètement, allocations familiales et autres prestations de la CAF ne devraient pas augmenter en avril 2027, même si les prix continuent de grimper. Côté logement, le PLF prévoit de ne pas revaloriser les paramètres des APL au 1er octobre 2027.

Le Conseil rappelle que ces aides pèsent lourd dans le revenu des familles modestes : selon la note, 86 % des aides au logement sont versées à des ménages situés sous le troisième décile de niveau de vie, et les familles monoparentales y sont surreprésentées. Il cite surtout un chiffre qui fait mal : le taux de pauvreté des enfants atteint 22,4 % en 2024, l’un des plus élevés de l’Union européenne, en hausse de deux points en deux ans.

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L’allocation de rentrée scolaire dans le viseur #

C’est sans doute la mesure qui concernera le plus de parents. Le PLFSS annonce un « recentrage » de l’allocation de rentrée scolaire (ARS), avec un objectif d’économie de 0,6 milliard d’euros, soit environ 30 % de la dépense. Le gouvernement dit vouloir mieux cibler l’aide selon l’âge des enfants, après concertation. Rien n’est encore fixé : la mesure pourrait passer par un simple décret modifiant les plafonds de ressources, les tranches d’âge ou les montants.

Le Conseil de la famille s’y oppose clairement. D’après le texte complet de la note (PDF), 2,95 millions de foyers ont été éligibles à l’ARS en 2024, soit environ 5 millions d’enfants. C’est la prestation familiale au plafond de ressources le plus bas : la moitié des bénéficiaires sont des familles monoparentales, un tiers des familles nombreuses. Une étude de la Cnaf citée dans la note évalue la dépense moyenne de rentrée à 400 euros par enfant, à peu près le montant de l’allocation.

Pour le Conseil, une baisse de 30 % obligerait ces familles à rogner sur d’autres dépenses, à acheter des fournitures de moins bonne qualité ou à ne pas acheter tout ce que l’école demande. Il y voit une atteinte à l’égalité des chances face à l’éducation.

Deux autres mesures discutées #

Le budget prévoit d’exiger une année de résidence régulière avant d’ouvrir droit aux prestations familiales et aux aides au logement pour les personnes étrangères. Le Conseil juge que cette condition créerait des différences de traitement injustifiées et pourrait ouvrir la voie à des exclusions plus larges.

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Pour les parents d’étudiants, le PLF crée un droit d’option : soit l’étudiant perçoit ses APL, soit le foyer parental garde ses avantages fiscaux liés à cet enfant. Le Conseil partage le constat d’un calcul des aides au logement étudiantes peu redistributif, mais regrette qu’aucune hausse ne soit prévue pour les jeunes dont les parents ont des revenus modestes ou moyens. Il propose de moduler le calcul selon la tranche d’imposition des parents.

Ce que les parents peuvent faire dès maintenant #

Rien n’est encore voté : les textes vont encore évoluer au Parlement dans les semaines qui viennent. En attendant, quelques réflexes simples aident à anticiper :

Vérifier ses droits actuels. Le simulateur de la CAF permet de savoir à quelles aides on peut prétendre aujourd’hui. Beaucoup de familles éligibles à l’ARS ou aux APL ne les demandent pas.

Étaler les achats de rentrée. Si l’ARS baisse en 2027, mieux vaut répartir dès cette année les achats coûteux (cartable, chaussures, calculatrice) sur plusieurs mois plutôt que tout concentrer en août.

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Suivre les débats. Les associations familiales relaient les amendements déposés. C’est le bon moment pour interpeller son député si une mesure vous concerne directement.

La note du HCFEA ne changera pas à elle seule le budget, mais elle donne aux parlementaires des arguments chiffrés. Pour les familles, elle a le mérite de rendre lisible une série de mesures techniques dont l’effet, lui, se verra très concrètement sur le compte en banque.

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