En quelques jours, deux pays européens ont avancé sur une question que beaucoup de parents se posent : à partir de quel âge un enfant peut-il avoir un compte sur les réseaux sociaux ? La Turquie a publié le 10 octobre un règlement qui fixe le seuil à 15 ans dès le 1er novembre. La Grèce a déposé le 13 octobre un projet de loi dans le même sens, qui doit être voté le 22 octobre. En France, la question reste ouverte depuis la censure de la loi votée cet été.
Plan de l'article
En Turquie, une interdiction dès le 1er novembre #
Selon InfoMagazine, le règlement publié au Journal officiel turc interdit aux moins de 15 ans de s’inscrire sur les réseaux sociaux à compter du 1er novembre 2026. Pour les comptes déjà ouverts, les plateformes ont jusqu’au 31 mars 2027 pour vérifier l’âge de leurs utilisateurs. Les profils appartenant à des moins de 15 ans devront être désactivés puis supprimés, sauf contestation.
La vérification passe par le portail administratif e-Devlet. Il indique seulement à la plateforme si l’utilisateur a moins de 15 ans, entre 15 et 17 ans, ou 18 ans et plus, sans transmettre d’autres données personnelles.
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Des règles spécifiques pour les 15-17 ans
Le texte turc ne s’arrête pas à l’interdiction. Pour les adolescents de 15 à 17 ans, les profils doivent rester privés et la messagerie est limitée aux comptes qu’ils suivent. Les vidéos en direct, le défilement continu de contenus et les publicités ciblées sont restreints ou supprimés. Les plateformes doivent aussi proposer des outils parentaux, comme une limite de temps ou le contrôle du partage de localisation, que l’adolescent ne peut pas désactiver sans l’accord de ses parents.
En Grèce, un vote attendu le 22 octobre #
La Grèce suit une voie proche. D’après Athens News, le projet de loi annoncé par le ministère de la Santé interdirait l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans à partir du 1er janvier 2027. Le vote en séance plénière est prévu le 22 octobre.
La responsabilité de vérifier l’âge reviendrait d’abord aux plateformes, avec des outils comme Kids Wallet ou Gov.gr Wallet. Elles devraient aussi revérifier l’âge des comptes existants. Le texte précise que les comptes des mineurs ne seront pas fermés automatiquement et en bloc au 1er janvier. Le contrôle serait assuré par plusieurs autorités nationales, dans le cadre du règlement européen sur les services numériques.
En France, une loi censurée cet été #
La France avait voté une interdiction comparable. Mais le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a censuré l’article qui la prévoyait, dans sa décision n° 2026-911 DC. Les juges reconnaissent que la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant peut justifier de limiter l’accès des mineurs à ces services.
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Ils estiment cependant que l’interdiction, de portée générale, portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression. Elle s’appliquait à tous les services sans tenir compte de leurs risques propres, ni de la situation de chaque mineur. Surtout, elle ne permettait pas aux parents de lever l’interdiction ou d’en moduler la portée. Le Conseil relève aussi que la loi n’encadrait pas assez la vérification de l’âge, qui aurait concerné tout le monde, majeurs compris.
Selon La Bouscule, un nouveau texte a été transmis à la Commission européenne en septembre. Il ne viserait plus une interdiction générale, mais des fonctionnalités jugées nocives, comme le défilement infini, avec une autorisation parentale possible à partir de 13 ans. Rien n’est donc en vigueur à ce jour en France sur ce point.
Ce que les parents peuvent faire dès maintenant #
Sans attendre la loi, les familles disposent déjà de leviers. Les décisions turque et grecque, comme la censure française, ont un point commun : elles insistent sur le rôle des parents et sur les fonctionnalités les plus addictives, plus que sur un simple âge.
Paramétrer les comptes existants
La plupart des grandes plateformes proposent un mode adolescent ou des outils de supervision parentale. Mettre le compte en privé, limiter les messages aux contacts connus et désactiver la géolocalisation sont des réglages simples, à faire ensemble avec l’enfant pour qu’il en comprenne l’intérêt.
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En parler plutôt qu’interdire seul
Un enfant qui contourne une interdiction le fait souvent sans en parler. Expliquer pourquoi le défilement continu capte l’attention, ou pourquoi un profil public expose davantage, aide à construire des habitudes durables. Les vacances de la Toussaint, qui ont commencé ce week-end, sont un bon moment pour faire le point en famille sur le temps passé en ligne.
Un débat européen qui s’accélère #
Avec la Turquie et la Grèce, l’idée d’un âge minimum autour de 15 ans gagne du terrain. La France devra trouver une formule compatible avec sa Constitution et avec le droit européen. Le vote grec du 22 octobre sera un premier test : nous suivrons la suite de ce dossier pour les familles.




